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MIKIS THEODORAKIS |
Né en 1925 sur l’île de Chios, Mikis THEODORAKIS étudie la musique à Athènes et à Paris.
Il est l’auteur d’œuvres aussi diverses que des symphonies, des
musiques de chambre, des ballets, des chants folkloriques et des
musiques de film.
Après s’être approprié les techniques de la composition de la musique symphonique, Mikis THEODORAKIS
s’est tourné vers les éléments les plus vivants de la tradition
musicale de la Grèce. La mise en musique de la poésie, qui est devenue
la ligne conductrice de son œuvre, a donné à la tradition grecque une
dimension contemporaine.
C’est essentiellement le film « Zorba le grec »
qui le révèle au grand public qui voit très vite en lui le porte-parole
d’une nouvelle conscience nationale et le chantre des traditions
grecques.
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Rencontre avec Georges SEFERIS -1968 -
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Après le coup d’état du 21 avril 1967, THEODORAKIS
est arrêté. Pour « survivre » il compose le cycle le Soleil et le
Temps. Transféré à la prison d’Avéroff, il survit encore avec ses
camarades en composant. Il avait déjà mis en musique quelques vers du
poème de Seferis : «Epiphania», qu’il reprend avec l’idée cette fois-ci de faire du poème tout entier (44 vers) une chanson, ce qu’il appellera lui-même une « chanson-fleuve ». D’autres suivront.
Il écrit donc dans les premiers jours de janvier 1968 une Cantate pour chœur mixte à six voix et orchestre populaire « EPIHANIA AVEROFF ».
Que Theodorakis retrouve ce poème de Séféris se comprend aisément. Georges Seferis
(1900-1971) est le poète de l’exil par excellence : exilé de sa patrie
(il naquit à Smyrne), exilé lui-même, le poète est voué à l’errance.
Surgissent alors des sensations, des images, des souvenirs heureux, tout ce qui fait que le poète peut se retrouver : « J’ai maintenu ma vie », leit-motiv sans cesse repris et décliné par Theodorakis dans sa cantate. Seferis recevra le Prix Nobel de Littérature en 1963 « J’appartiens à un petit pays, mais sa tradition est immense ».
Ce qui caractérise encore cette tradition, c’est l’amour de l’humain, la justice est sa règle.
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Rencontre avec Odysseas ELYTIS -1979- |
La première grande œuvre « méta symphonique » de Mikis THEODORAKIS « AXION ESTI » (Loué soit/dignum est) s’appuie sur Axion Esti, poème épique du Prix Nobel de littérature Odysseas Elytis qui, selon le compositeur est une oeuvre révolutionnaire.
La première partie, Genesis,
fête la naissance de la mer et de la terre grecque. Cette naissance
finit dans le drame historique de l’oppression et de la résistance.
L’accomplissement n’est possible qu’à travers la passion, la souffrance
du peuple, et cet accomplissement c’est l’Axion Esti, la louange de tous les éléments, des vents, des îles, des jeunes filles et des femmes que fête « la larme interminable ».
Déjà par le choix des instruments de l’orchestre populaire (bouzouki,
guitares, santouri), le compositeur réalise une synthèse des deux
grands courants de la musique populaire.
L’association de cet orchestre à l’orchestre classique est une
révolution dans la musique grecque, les violons sonnent comme des lyres
crétoises.
L’effet sonore est extraordinaire, mais également si spécifiquement
grec qu’on est immédiatement convaincu qu’avec cette œuvre, THEODORAKIS a atteint son but de la création d’une musique néo-hellénique.
La fresque musicale du peuple grec est née.
Un
compositeur mythique, une composition grandiose, la rencontre de la
musique symphonique et des chants populaires sur un texte du Prix Nobel
de littérature Odysseas Elytis.
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Rencontre avec Pablo NERUDA |
« Je suis parti en 1971 sur invitation du gouvernement de Salvador Allende.
Le peuple du Chili m’a fortement impressionné. De tous les peuples que
je connais, le peuple chilien est le plus proche du peuple grec, par
son caractère et par son tempérament. Nous nous ressemblons avec toutes
nos faiblesses, mais aussi nos forces qui sont l’enthousiasme, la foi,
le pathétique, la fraternité. J’ai tout de suite reconnu dans le Chili
ma seconde patrie. Le Canto General est pour moi comme un évangile de
notre temps.
Le CANTO GENERAL est une vaste fresque épique sur l’histoire et la destinée des peuples d’Amérique.
NERUDA
y révèle une âme de combattant. Son œuvre saisit les événements
historiques de son pays de façon immédiate. Elle est sensée aider les
hommes à vaincre des temps de crise et à imposer le droit. Neruda délibérément se met au service de la révolution des peuples pour la liberté, l’indépendance et la démocratie.
En 1980, THEODORAKIS s’exile volontairement à Paris, et achève la composition du Canto General qui, à côté de ZORBA le GREC et d’AXION ESTI, devient l’œuvre qui le rendra mondialement célèbre comme compositeur.
Puis touché par la mort de son ami, THEODORAKIS compose REQUIEM POUR NERUDA
par lequel, dit-il, « je crois avoir exprimé, en quelques vers
seulement un hommage au grand poète, ma philosophie et toute mon
amertume sur l’oppression et l’asservissement de toutes les valeurs
spirituelles contemporaines par des régimes affreux. »
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